The Fighting SeabeesUn film d’Edward Ludwig, 1944, Republic Pictures
L'histoire des Construction Battalions (C.B., se prononce Sea Bee) qui ont aidé les armées américaines à reconquérir le Pacifique pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Qu’il est loin ce temps où l’on découvrait de vieilles productions hollywoodiennes dans la Dernière Séance d’Eddy Mitchell sur la 3 ! A coup sûr, Mr Eddy nous aurait diffusé ce film de Ludwig qui concentre tout le panache et les messages d’une représentation de guerre, le tout, fait avec des moyens dignes de cette époque de restrictions et un John Wayne jeune, vaillant et mécontent à souhait. L’histoire des bataillons de constructionEn 1941, les Etats-Unis sont attaqués par le Japon. Les armées nipponnes se répandent dans le Pacifique et conquièrent archipel par archipel, île après île, forçant les Américains à reculer. Quand vient le moment de la reconquête, celle-ci ne peut se faire qu’à l’aide de structures terrestres qui serviront de bases rapprochées et d’appui aux combattants. Les forces américaines ont donc besoin d’aéroports, de bases et d’entrepôts pour les troupes du front. C’est là qu’apparaît Wedge Donovan (John Wayne), un entrepreneur de travaux publics réputé. Son entreprise est en contrat avec la marine américaine pour construire ces pistes et ces cuves de pétrole, mais ses ouvriers, qui sont des civils, sont attaqués sans relâche par les Japonais et n’ont pas le droit d’être armés pour ne pas être considérés comme des francs-tireurs. La reconversion se fait pourtant. Donovan, le spécialiste des travaux publics destinés aux armées en campagne met sur pied les Seabees en compagnie du capitaine Robert Yarrow (Dennis O'Keefe) et devient officier lui-même, adoptant « the Navy way ». Il lance une grande campagne de recrutement et voit affluer, de tout le pays, des ouvriers prêts à prendre le fusil dans une main et la pioche dans l’eau. Pas de film de guerre sans histoire d’amour…Donovan et Yarrow sont liés – et séparés – par la belle Constance Chesley (Susan Hayward), la fiancée de Yarrow dont Donovan tombe amoureux. Belle romance à trois, dont l’issue ne peut être contée sans gâcher le film aux futurs spectateurs. Une belle économie sur les décors, mais une belle réussiteOn les sent bien, ces décors rajoutés et ces lieux de tournage pas si éloignés d’Hollywood. On n’en est pourtant vraiment pas à la jungle reproduite en studio. Surtout, le procédé de projection pour faciliter le tournage des scènes est identifiable. Ainsi, plutôt que de lancer ces engins de travaux publics, tracteurs et pelleteuses, pour tourner des scènes de dialogues avec travaux en fond visuel, ces scènes sont pré-tournées et diffusées en fond, mais avec une réussite certaine ! Le japonais sanguinaire, figure de propagande mobilisatriceComment l’ennemi est-il décrit ? Rappelons-le, nous sommes en 1944 et le Japon est loin d’être défait. A cette époque, Hollywood est tout entier tourné vers la mobilisation de la nation en guerre. L’ennemi doit faire peur et les plans ne manquent pas pour développer la réaction du spectateur d’alors. Le Japonais est montré dans le cockpit de son bombardier avec un énorme sourire aux lèvres, heureux d’accomplir sa tâche, heureux de bombarder des ouvriers ou un hôpital, heureux de semer la mort et la panique. Vue classique, certes, mais qui méritait d’être soulignée. Difficile d’en dire plus sans en conter l’épilogue, mais c’est un DVD à recommander ! L’histoire, la romance, les scènes de combat, le sacrifice… toutes les recettes d’un bon film de guerre, John Wayne en prime. The Fighting Seabees, Edward Ludwig, Republic Pictures, 1944, noir et blanc, 1h40 DVD : Universal Pictures, 2006 Construction Battalions (C.B., se prononce Sea Bee et se traduit par abeilles de mer, d'où le logo du bataillon). Leur devise est Construimus, Batuimus (« Nous construisons, nous nous battons »).
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